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Emplois supprimés chez Fichet-Bauche à Bazancourt mais le site préservé

Un « plan de sauvegarde de l’emploi » est en cours au sein du groupe Fichet-Bauche (Opengate Capital) à Bazancourt. La direction assure que l’usine marnaise sera maintenue.

L’entreprise Fichet-Bauche, qui fabrique des coffres-forts, portes blindées et autres systèmes de protection physique, est engagée depuis quelques semaines dans un « plan de sauvegarde de l’emploi » qui doit se traduire par la suppression de 99 postes sur les trois sites français (Bazancourt, Baldenheim dans le Bas-Rhin et Vélizy-Villacoublay dans les Yvelines).

Quid des départs volontaires ?

À Bazancourt, ce sont 17 postes (16 + 1 vacant de longue date) qui sont sur la sellette parmi 113 salariés, font savoir trois membres des instances représentatives du personnel, Patrick Soudant, Denis Polet et Damien Lavaux. Il s’agira de licenciements économiques destinés à améliorer la compétitivité.

Les négociations sont en cours et sont « compliquées », selon l’intersyndicale FO-CGT qui regrette vivement que les deux cabinets d’experts nommés par eux (situation économique et financière d’un côté, risques psychosociaux de l’autre) n’aient pour l’instant pas eu accès aux documents qu’ils demandent.

Le comité d’entreprise, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, essaient de faire avancer les discussions, notamment au niveau des départs volontaires. « Pour l’instant, la seule réponse que nous avons eue de la part de la direction c’est que si des gens veulent démissionner, elle attend leur lettre… », font-ils remarquer, inquiets pour l’avenir même de l’usine marnaise. « Nous n’avons un carnet de commandes que pour trois à quatre semaines. En passant à moins de cent personnes, on sera encore affaibli. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir de notre site ? », se désolent MM. Polet, Soudant et Lavaux.

« Nous n’envisageons absolument pas la fermeture du site de Bazancourt, tempère de son côté Balthazar Nicolas, le directeur général. La présence régionale est parfaitement confirmée, au sein d’un groupe qui mise sur notre savoir-faire et notre marque étendard. » Le responsable insiste sur « le haut niveau d’expertise » qui existe ici, et sur le « plan stratégique de croissance ». « Cela passera par l’export et de nouveaux partenaires de distribution en Europe du sud mais aussi en Afrique francophone, Amérique centrale et Russie. »  

Car la chute des besoins du marché français en coffres-forts est enclenchée de façon irréversible, le secteur bancaire ne cessant de fermer des agences. « Un fonds d’investissement, ça n’a rien à voir avec un fonds de pension, tient à préciser M. Nicolas. Ce sont des gens qui misent sur nous et sur notre valeur. Notre force, c’est notre Recherche & Développement. Nous continuons à innover, nous avons par exemple déposé un brevet l’an dernier… » Il assure par ailleurs que « tous les documents nécessaires » seront remis aux experts mandatés par les salariés, que les négociations se poursuivent et que sa porte est « toujours ouverte ».

Dans les années 1980, quelque 550 salariés travaillaient dans les locaux de Bazancourt. L’intersyndicale, qui a alerté par courrier le maire, ne cache pas son intention d’organiser une manifestation « bien visible », localement mais aussi à l’échelle du groupe.

 

L’UNION le 25/05/2019
par Anne Despagne

udfo intersyndical Mobilisation Fichet bauche